Les Mardis de l'eau 2011/2012 disponibles en podcasts
Crues, inondations, catastrophes naturelles, accidents industriels. Si des phénomènes naturels peuvent encore menacer notre quotidien, ce sont nos propres productions techniques, scientifiques et économiques qui, de nos jours, sont sources de vulnérabilité.
Les mardis de l'eau 2011/2012
Cycle 1 : Crises environnementales et culture du risque
Pour le philosophe Ulrich Beck, nous sommes passés de la société industrielle à la « société du risque ».
Cette société du risque voit proliférer une multitude de dangers, pour la plupart encore invisibles, et mobilise toute une expertise pour les prévoir et les maîtriser.
L’apparition du concept de « culture du risque » serait-elle le signe d’une nouvelle prise de conscience ? Ou au contraire, sommes-nous lancés dans la surenchère
technologique, aveugle aux conséquences environnementales et aux risques imposés aux populations ? C’est cette question que nous proposons de parcourir dans ce cycle de conférences des Mardis de l’eau. Qu’est ce que la Culture du risque ? A-t-elle une histoire et quels sont les courants de pensée qui la caractérisent ?
Quel rôle y jouent les technosciences dans les sociétés contemporaines ?
- Mardi 27 mars - Créteil : Culture du risque : une autre histoire de la pensée moderne
Écouter la conférence :
La « Culture du risque » est une science récente. Son apparition est concomitante à la naissance de l’industrie nucléaire. Aujourd’hui, la façon de penser les risques ou les catastrophes est dominée par deux courants : l’un mise sur les réponses techniques
pour réduire l’impact des phénomènes naturels, l’autre cherche à comprendre quelles sont les conditions sociales qui exposent le plus au risque.
Sandrine Revet est anthropologue à Sciences-Po. Elle étudie l’anthropologie politique des catastrophes et des risques, s’intéresse à la construction et à la circulation des savoirs (experts et profanes) et à la gestion internationale des risques et des catastrophes (humanitaire, rôle des organisations internationales).
- Mardi 3 avril - Choisy-le-Roi : Crise climatique, crise environnementale : étions-nous si inconscients ?
Écouter la conférence :
Le «changement climatique» est l’un des grands enjeux de notre temps. L’émergence de cette notion semble être
le fruit d’une nouvelle conscience collective. Pourtant, l’histoire montre que les sociétés des 18e et 19e siècles, elles-aussi, avaient une conscience aiguë des menaces que l’Homme pouvait faire peser sur les environnements et sur les collectifs humains
eux-mêmes. La notion de «climat» était plus large qu’aujourd’hui et permettait de penser ensemble les milieux humains et naturels. En quoi ce constat peut-il éclairer notre vision de la crise environnementale contemporaine ?
Fabien Locher est chargé de recherche au CNRS (CRH-EHESS). Il analyse l’histoire de l’environnement, l’histoire des sciences et des techniques. Actuellement,
il travaille à une histoire politique de la question climatique, considérée dans la longue durée (XVIIIe-XXIe siècle), en collaboration avec Jean-Baptiste Fressoz.
- Mardi 10 avril - Nogent-sur-Marne : Pédagogie de la catastrophe : la leçon des accidents industriels ?
Écouter la conférence :
La notion de risque était déjà répandue dans les années 1960, mais les accidents technologiques des décennies
suivantes ont contribué à l’inflation du concept. Devenues le principal vecteur de la transformation du monde, les technosciences sont à l’origine d’une modification profonde des modes de vie. Ainsi, le processus incessant d’innovation et d’artificialisation - de l’âge atomique à la révolution génétique - a produit un monde incertain et peuplé d’hommes vulnérables, c’est-à-dire de plus en plus privés des ressources - matérielles, symboliques, culturelles,
politiques - leur permettant d’envisager une alternative à la colonisation technoscientifique du monde.
Guillaume Grandazzi est sociologue, ingénieur hospitalier au CHU de Caen et maître de conférences associé à l’équipe CERREV (Centre d’Étude et de
Recherche sur les Risques et les Vulnérabilités) de l’Université de Caen.
- Mardi 17 avril - Arcueil : La déferlante des systèmes techniques
Écouter la conférence :
La dégradation des milieux sociaux et environnementaux
génère de plus en plus d’inquiétudes. Le statut des sciences et des techniques est devenu problématique. Malgré leur remise en question, elles ne cessent
de se répandre à la planète entière. Michel Tibon-Cornillot a développé le concept de déferlement des techniques, qu’il propose d’explorer à travers des exemples concrets et actuels.
Michel Tibon-Cornillot est anthropologue à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Docteur d’État en philosophie, il a par ailleurs travaillé en tant que
généticien à l’Institut Pasteur dans un laboratoire de génétique bactérienne. C’est pourquoi il a mené ses premiers travaux critiques à l’intersection de ces deux domaines, la philosophie et la génétique.
- Mardi 24 avril - Villeneuve-saint-Georges : Pour que vivent les cultures dans le monde
Par Michael Singleton
Écouter la conférence :