Le fleuve Niger, la légende de sa naissance

Fleuve-Niger-pirogue2.jpgIl y a très longtemps vivait au royaume des Bambara une vieille femme qui possédait un taureau très gras…

Elle le chérissait et ne voulait pas s’en séparer.
Mais la famine vint, et le chef du village demanda au roi : “Majesté, il y a une vieille dans le village qui possède un taureau énorme qui pourrait nourrir tout le village mais elle ne veut pas le céder”.

Le roi autorisa le rapt du bovidé.
Les villageois s’en emparèrent et tentèrent de l’égorger, mais aucun couteau ne pénétra le cuir de la bête. Le roi dut à nouveau intervenir, convoquer la vieille, qui après négociations consentit à tuer son taureau, mais exigea que la graisse de l’animal lui revint dans une jarre qu’elle entreposa dans sa cuisine.
A la nuit tombée, la graisse fondit, coula à l’extérieur du vase et se transforma en une belle jeune fille.
Celle-ci se mit alors à balayer, nettoyer la cour de la modeste demeure, mais, dès les premières lueurs de l’aube, elle réintégra la jarre et s’y liquéfia.
La vieille femme au matin s’étonna...
Une nuit, simulant le sommeil, elle observa par le trou de la serrure et lorsque la graisse pris forme humaine, elle se démasqua.
De cette rencontre naquit une amitié.
La vieille obstrua les fenêtres de la cuisine pour que la jeune femme n’ait pas à craindre la lumière du jour.
La rumeur se répandit dans le village.
Rapidement la beauté de la jeune femme fit jaser.
Un noble parvint à l'apercevoir et se précipita chez le roi.
“Sire, il y a chez la vieille au taureau une jeune femme d’une beauté admirable.
Je souhaite l’épouser, mais la vieille refuse de me donner sa main”.
Le roi se rendit alors chez la vieille femme et tomba aussitôt amoureux de la gracieuse jeune fille.
Il décida immédiatement de faire de la belle sa troisième épouse.
Celle-ci accepta à condition de ne jamais voir la lumière du jour. Le roi accepta sans poser une question.
Des mois heureux s’ensuivirent où le roi la chérit.
Mais un jour, il dut partir en voyage.
Les deux premières épouses, jalouses, en profitèrent pour ouvrir les volets des pièces où la jeune femme passait ses journées.
Aussitôt, elle se mit à fondre, glissa sur le sol, passa sous la porte et s’écoula vers la vallée.
Elle devint le fleuve Niger.
À son retour, le roi fou de douleur et toujours éperdument amoureux se transforma en hippopotame et se jeta dans le fleuve.
Les épouses, ayant ordre de le suivre pour l'éternité, se transformèrent : l’une en caïman et l’autre en poisson.
Depuis ce jour, le Niger, sous le regard des crocodiles, caresse les hippopotames tandis que les poissons les évitent prudemment.

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